Aurai-je les moyens, le jour venu, de payer les études de mon enfant ?
Devenir parent, c'est aussi voir poindre cette inquiétude discrète mais tenace. Loyer d'un studio, dépenses courantes et, parfois, des droits de scolarité salés : l'addition finit par peser lourd. Reste un allié de poids, le temps. En vous y prenant tôt et avec méthode, vous pouvez bâtir, presque sans y penser, un authentique capital « études ».
La démarche retenue ici part de la fin pour mieux revenir au commencement. On cerne d'abord le but, le prix réel des études et les leviers pour les financer, puis on redescend vers les fondations : prendre le pli d'épargner, se doter d'un matelas, choisir les bons supports. Le dernier chapitre boucle la boucle avec la construction concrète de ce capital. Car on n'épargne durablement que si l'on sait précisément pourquoi.
Taux, plafonds et coûts valables pour 2026, susceptibles d'évoluer : à contrôler sur service-public.fr, impots.gouv.fr et le CROUS avant de trancher. Rendements indicatifs, non garantis.
À quel budget faut-il s'attendre ?
Rien n'aide autant à tenir l'effort dans la durée que de savoir exactement à quoi l'on se prépare. Commençons par ce qui rassure : dans le public, les frais d'inscription demeurent contenus, autour de 180 € en licence et 250 € en master, complétés par la CVEC, une contribution d'une centaine d'euros par an.
Le logement forme de loin le premier poste, devant l'alimentation, les déplacements, la santé et les fournitures.
C'est ailleurs que se joue le budget : la vie étudiante proprement dite, surtout lorsque l'enfant décohabite. D'une ville à l'autre, un étudiant qui a quitté le domicile familial représente fréquemment 10 000 à 16 000 € par an, la fourchette haute étant parisienne. Étalé sur cinq années d'études, cela cumule vite plusieurs dizaines de milliers d'euros. Du côté des écoles privées ou de commerce, la seule scolarité oscille entre 8 000 et plus de 50 000 € annuels.
| Poste | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Frais d'inscription, université publique | Environ 180 € en licence, 250 € en master, plus la CVEC, environ 110 € par an |
| Budget de vie étudiante | 10 000 à 16 000 € par an si l'enfant décohabite |
| École privée ou de commerce | 8 000 à 55 000 € par an de scolarité |
La filière donne le montant, la ville donne l'écart. L'effet ville se chiffre : environ 550 € de loyer par mois à Toulouse, 950 € à Paris. Sur trois ans, la différence atteint 14 400 €, soit davantage que la scolarité elle-même dans le public.
| Filière | Durée | Logement par an | Coût total estimé | Bourse |
|---|---|---|---|---|
| Université, licence | 3 ans | 6 000 à 12 000 € | 20 000 à 40 000 € | Oui |
| BTS ou BUT | 2 à 3 ans | 6 000 à 12 000 € | 15 000 à 35 000 € | Oui |
| École de commerce | 3 à 5 ans | 7 000 à 14 000 € | 50 000 à 120 000 € | Partielle |
| École d'ingénieurs | 3 à 5 ans | 6 000 à 12 000 € | 30 000 à 80 000 € | Partielle |
| Médecine ou droit | 6 à 9 ans | 6 000 à 12 000 € | 50 000 à 120 000 € | Oui |
Montants valables pour 2025-2026. Ils dépendent beaucoup du lieu et de la filière : à ajuster à votre cas.
Financer les études, le jour venu
Une précision qui soulage : ce n'est pas à votre seule épargne d'assumer l'intégralité. En pratique, le financement des études s'appuie sur un empilement de ressources complémentaires.
Les aides se simulent avant de choisir le logement, pas après.
- Votre épargne dédiée, bâtie avec patience : c'est la pièce maîtresse du montage et le fil rouge de cette page.
- Le travail de l'étudiant : un emploi à temps partiel ou, idéalement, l'alternance et l'apprentissage, formule dans laquelle l'entreprise prend en charge la formation tout en versant une rémunération.
- Les bourses sur critères sociaux versées par le CROUS, jusqu'à 6 335 € par an à l'échelon 7, qui soulagent le budget des familles éligibles.
- Les aides au logement (APL), souvent 50 à 250 € par mois selon la ville, le loyer et les ressources, qui viennent rogner le poste le plus lourd.
- Le prêt étudiant, parfois adossé à une garantie de l'État, jusqu'à 20 000 € sans caution parentale, utile pour boucler le financement sans vider l'épargne d'un seul coup.
- La solidarité familiale, à calibrer selon vos possibilités et vos priorités.
Le but n'est donc pas forcément de tout financer mais de se présenter au jour J avec une somme qui réduit la pression et laisse à votre enfant le choix de sa voie sans que le budget ne dicte tout. Comment réunir cette somme ? C'est précisément l'affaire des chapitres suivants.
Deux points relèvent de la fiscalité familiale plutôt que de l'épargne : le rattachement de l'étudiant à votre foyer ou le versement d'une pension déductible. Le calcul penche rarement du côté qu'on croit.
La scolarité coûte tous les ans, pas seulement à la fin
Voyage linguistique en troisième, semaine de ski avec le collège, club de sport, conservatoire, matériel, permis : ces dépenses n'attendent pas Parcoursup. Elles tombent à des dates connues, ce qui les rend faciles à préparer, à condition de ne pas les financer avec l'épargne prévue pour les études.
Le supérieur n'est que la dernière ligne d'une addition qui commence à la maternelle.
| Poste | Quand cela tombe | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Sport en club, musique, conservatoire | Chaque rentrée | 200 à 700 € par an et par activité |
| Fournitures et rentrée scolaire | Chaque rentrée | 150 à 400 € au collège et au lycée |
| Voyage scolaire en France, séjour au ski | Une à trois fois dans la scolarité | 350 à 800 € le séjour |
| Séjour linguistique à l'étranger | Souvent en troisième ou en seconde | 800 à 2 500 € selon la destination et la durée |
| Ordinateur portable, équipement | Une fois au collège, une fois après le bac | 500 à 1 200 € |
| Code et permis de conduire | Vers 17 ou 18 ans | 1 200 à 1 800 €, moins en conduite accompagnée |
Mis bout à bout, ces postes représentent souvent 1 000 à 2 500 € par an et par enfant à partir du collège, avec deux pics : l'année du séjour linguistique et celle du permis. Ils relèvent du budget courant et de l'épargne de précaution, pas du capital « études ». On y revient au chapitre suivant.
Consommer, mettre de côté, faire fructifier
Une fois la paie tombée, votre argent n'a que trois destins possibles : être dépensé, épargné ou investi. Saisir ce que chacun produit vraiment fait toute la différence.
Ce qui est dépensé s'en va pour de bon. L'épargne, c'est la part que vous conservez vraiment pour vous.
Par nature, nous accordons plus de poids au plaisir tout de suite qu'à un avantage éloigné : dans notre tête, une dépense immédiate pèse plus lourd qu'un gain à venir. Voilà pourquoi épargner « ce qui reste » en fin de mois relève de la gageure. En faisant sortir l'argent de votre compte courant dès qu'il y entre, le virement automatique met votre épargne hors d'atteinte des envies du moment : loin des yeux, loin du portefeuille.
La publicité et l'air du temps nous persuadent que consommer, c'est se faire du bien. Dans les faits, l'essentiel de nos achats ne sert qu'à maintenir notre niveau de vie : on prend la version « premium » là où une version basique suffirait. Or ce qui est dépensé s'en va pour de bon dans la poche du vendeur, rien ne se construit pour demain. L'épargne et l'investissement forment au contraire ce qui subsiste une fois les besoins courants couverts : la part que vous conservez vraiment pour vous, celle sur laquelle votre prise est la plus forte. C'est elle qui rend possible un projet, un imprévu encaissé sans stress ou les études de vos enfants.
Le principe cardinal : se rémunérer avant tout le reste
Basculer d'une existence tournée vers la dépense à une existence tournée vers les projets tient à un renversement : se payer en premier au lieu de dépenser d'abord. Concrètement, on fixe à l'avance la fraction du revenu mensuel destinée à l'épargne et on la vire automatiquement sur un compte séparé dès qu'elle arrive. Ne demeure alors dépensable que le solde.
Vous peinez à dégager une épargne chaque mois ? Retournez ce même mécanisme à votre avantage : promettez-vous dès maintenant d'affecter une bonne part de vos rentrées futures, une augmentation, une prime, un héritage, à votre épargne. Décider à l'avance d'en réserver, disons, la moitié est bien plus aisé que de s'en priver une fois l'argent en main.
Un peu, tôt et souvent, l'emporte sur beaucoup, tard et sous la contrainte
Adopter ce réflexe sans renoncer à profiter de la vie, voilà exactement le chemin que nous vous proposons.
Le rôle véritable de l'épargne
Épargner pour les études, oui mais pas avant d'avoir mis le présent à l'abri. Aucun projet de long terme ne tient sur des bases branlantes.
Trois à six mois de dépenses, disponibles, avant tout projet lointain.
Julien dépense en moyenne 2 000 € par mois. En se fixant six mois de sécurité, il vise un matelas d'environ 12 000 €. Son poste étant stable et un nouvel emploi sans doute rapide à retrouver, il pourrait tout aussi bien s'en tenir à quatre mois, soit 8 000 €. Peu importe le montant exact : ce qui compte, c'est d'avoir arrêté une cible nette, quitte à la réviser au fil du temps.
Imaginez l'inverse : vous investissez la totalité de vos réserves, les marchés cèdent 15 %, puis un pépin surgit et vous réclame quelques milliers d'euros pour une réparation. Vous n'avez alors d'autre choix que de liquider une partie de vos placements à perte. C'est exactement le scénario qu'une épargne bien pensée écarte. Sa fonction est triple.
- Le fonds de roulement : régler les dépenses courantes sans tomber dans le rouge, le temps que la paie arrive. C'est lui qui assure la transition d'un mois sur l'autre.
- Le matelas de sécurité : encaisser les coups durs de l'existence comme les soubresauts de vos placements, sans jamais devoir vendre au pire moment. Puisque l'avenir échappe à toute certitude, mieux vaut tendre un filet sous ses pas.
- La préparation des projets à échéance courte ou moyenne réclamant une mise de départ : acquérir un logement, changer de voiture ou, tout simplement, financer les études des enfants.
Pour tenir ce rôle, un placement d'épargne doit cocher deux cases : la liquidité, remettre la main sur son argent sans attendre et la sécurité, un risque quasi nul. On privilégie donc la sécurité au rendement : l'épargne n'a pas pour mission d'enrichir mais de garantir des nuits tranquilles.
Quel montant faut-il viser ?
L'objectif n'est pas d'accumuler « le plus possible » mais de trouver le juste niveau. Une épargne qui dort à l'excès, c'est du rendement gâché ; une épargne insuffisante, c'est la revente forcée de ses placements au premier accroc. Prenez pour base vos dépenses mensuelles moyennes : l'usage le plus répandu recommande de garder l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses, plutôt le haut de la fourchette si vos revenus sont en dents de scie ou si des proches dépendent de vous, plutôt le bas si vous rebondissez vite.
Où placer son épargne
Les montants une fois fixés, il faut leur trouver un logement. Le principe ne varie pas : à chaque poche son support attitré.
À chaque poche son support attitré.
Fixés par l'État, les taux des livrets réglementés font l'objet de révisions périodiques, en principe au 1er février et au 1er août. Ceux mentionnés ici correspondent à 2026 et sont susceptibles de changer : contrôlez les taux et plafonds en vigueur sur service-public.fr avant de trancher. Restez également circonspect face aux offres prétendument « sans risque » qui font miroiter 3 à 4 % : la prudence s'impose.
Les plans d'épargne (PER, PEA, PEL) verrouillent les sommes pour une durée déterminée en contrepartie d'avantages. Privés de disponibilité immédiate, ils ne se prêtent ni à l'épargne du quotidien ni à l'épargne de précaution : on les garde pour les objectifs de long terme, une fois le matelas de sécurité constitué.
Le quotidien : place aux livrets
Quand priment la simplicité et la disponibilité immédiate, on se tourne vers les livrets réglementés, à la fois sûrs et liquides. En voici les principaux, actualisés pour 2026.
| Livret | Conditions | Taux | Plafond | Fiscalité |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | Sans condition | 1,7 % depuis le 1er août 2026 | 22 950 € | Exonéré |
| LDDS | Foyer fiscal en France | 1,7 % | 12 000 € | Exonéré |
| LEP | Sous conditions de revenus | 2,5 % | 10 000 € | Exonéré |
| Compte sur livret | Sans condition | Variable | Variable | Imposé, environ 30 % |
Parmi eux, le LEP affiche le meilleur taux. Mais il reste réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond, environ 23 000 € pour un célibataire, davantage selon la composition du foyer. Ces livrets sont cumulables, à raison d'un exemplaire de chaque catégorie par personne. La garantie des dépôts couvre jusqu'à 100 000 € par banque et par titulaire. Gardez en tête que le plafond d'un livret ne fait pas office d'objectif : la bonne cible demeure l'épargne que vous avez chiffrée.
La précaution : le fonds euros de l'assurance vie
Pour cette poche-là, mieux vaut un support à capital garanti un cran au-dessus du livret : l'assurance vie en fonds euros. Son rendement, souvent de l'ordre de 2 à 3 %, demeure modeste. Mais il marie protection du capital et retrait rapide.
Cap sur l'immobilier : PEL et CEL
Le plan et le compte épargne logement ouvrent droit, selon la durée pendant laquelle on les conserve, à un crédit immobilier à taux avantageux, les fonds étant immobilisés sur le PEL mais accessibles sur le CEL. Le taux du PEL est fixé à l'ouverture et garanti pour toute la vie du plan, avec un plafond de 61 200 € et un blocage de quatre ans. Ce sont des outils de projet, non des réserves d'urgence.
Et pour le long terme : quatre enveloppes, quatre usages
Livret A pour la réserve, assurance vie pour le long terme, PEA pour les marchés actions, PER pour la retraite. Aucune n'est meilleure que les autres : elles ne répondent pas à la même question.
| Placement | Rendement moyen | Risque | Horizon | Fiscalité des gains |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % depuis août 2026 | Nul | Court terme | Exonéré |
| Fonds euros, en assurance vie | 2 à 3 % | Très faible | Moyen terme | Prélèvement forfaitaire, avantage après 8 ans |
| Assurance vie en unités de compte | 3 à 7 % | Modéré | Moyen et long terme | Prélèvement forfaitaire, avantage après 8 ans |
| PEA | 5 à 8 % | Élevé | Plus de 5 ans | Impôt exonéré après 5 ans, prélèvements sociaux 18,6 % |
| PER | Variable | Variable | Retraite | Déduction à l'entrée, imposition à la sortie |
Rendements indicatifs, non garantis. Sur les supports non garantis, la valeur peut baisser et le capital récupéré être inférieur aux sommes versées.
Votre atout numéro un : le temps
Le matelas constitué et les supports en tête, revenons à la cible initiale. Deux règles la commandent : démarrer au plus tôt et miser sur les bons supports.
De la naissance à l'entrée dans le supérieur, près de dix-huit années s'offrent à vous.
Déposer environ 100 € chaque mois durant 18 ans sur un support rapportant 2 % vous conduit autour de 26 000 €, dont quelque 4 000 € d'intérêts « offerts » par le temps qui passe. Ramené à 50 € mensuels, l'effort atteint tout de même près de 13 000 €. Le montant final dépend du taux réel, forcément variable.
De la naissance jusqu'à l'entrée dans le supérieur, ce sont près de dix-huit années qui s'offrent à vous. L'horizon est idéal : il laisse tout le loisir aux intérêts composés d'opérer : les gains engendrent à leur tour des gains, ce fameux « effet boule de neige ». Verser une petite somme avec régularité dès le départ se révèle souvent plus payant que de gros versements consentis à la dernière minute.
Sur dix-huit ans, le livret seul ne suffit pas
À 2 % d'inflation par an, un caddie à 100 € aujourd'hui en coûtera 122 dans dix ans. Un Livret A à 1,7 % laisse donc un rendement réel légèrement négatif : sur 10 000 €, une trentaine d'euros de pouvoir d'achat perdus en un an. Ce n'est pas un argument contre le Livret A, parfait pour la réserve et le quotidien. C'est un argument contre le fait de n'avoir que lui quand l'échéance est à dix ou quinze ans. Un repère utile, la règle des 72 : divisez 72 par le taux pour savoir en combien d'années un capital double. À 7 %, une dizaine d'années. À 3 %, vingt-quatre ans.
La comparaison est parlante. 100 € par mois placés à 7 % dès la naissance donnent environ 43 000 € aux 18 ans de l'enfant, pour 21 600 € versés. 200 € par mois à partir de ses 10 ans, au même taux, n'en donnent que 25 600 €, pour 19 200 € versés. Deux fois l'effort mensuel, presque moitié moins au bout.
Exemples illustratifs à rendement constant. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et un placement en unités de compte comporte un risque de perte en capital.
Le même objectif, deux fois moins d'effort
Pour réunir 30 000 €, tout dépend du temps qu'il reste. Quinze ans avant la rentrée, c'est 115 € par mois. Cinq ans avant, c'est 441 €.
Commencer tôt, sur un support adapté, peut diviser l'effort par deux.
| Années restantes | À 2 %, sécurisé | À 5 %, mixte | À 7 %, dynamique |
|---|---|---|---|
| 15 ans | ≈ 144 € par mois | ≈ 115 € | ≈ 97 € |
| 10 ans | ≈ 228 € par mois | ≈ 193 € | ≈ 174 € |
| 5 ans | ≈ 476 € par mois | ≈ 441 € | ≈ 416 € |
| 3 ans | ≈ 810 € par mois | ≈ 772 € | ≈ 747 € |
Le tableau dit aussi dans quel ordre choisir : quand il reste quinze ans, on peut viser du rendement ; quand il en reste trois, la disponibilité prime et l'effort mensuel fait le travail. Entre les deux, une gestion pilotée par horizon rééquilibre seule entre fonds euros et unités de compte à mesure que l'échéance approche.
Simulations à versements constants, hors frais et fiscalité. Rendements non garantis.
Ouvrir au nom de qui, sur quel produit ?
La question revient dans presque tous les rendez-vous. Deux formules et une pratique courante qui les combine.
Un livret au nom de l'enfant pour l'apprentissage, une assurance vie à votre nom pour l'essentiel du capital.
Appliquez ici encore la règle du « se payer en premier » : mettez en place, le jour de la paie, un petit virement automatique vers le support « études » et gonflez-le à chaque hausse de revenu. Sur dix-huit ans, cette régularité imperceptible abat tout le travail, bien plus sûrement qu'un coup d'éclat isolé.
Au nom de l'enfant
- Dès la naissance, on peut lui ouvrir un Livret A, même plafond, même exonération, relayé à partir de 12 ans par un livret jeune.
- La formule est limpide et sans risque.
- Mais ces fonds appartiennent juridiquement à l'enfant, qui en disposera comme il l'entend dès ses 18 ans.
À votre nom, pour garder la main
- Une assurance vie souscrite tôt « prend date » : passé 8 ans, sa fiscalité s'adoucit.
- Vous restez maître du capital comme du moment où vous le libérez.
- C'est fréquemment la meilleure formule pour une échéance lointaine telle que les études.
Dans la pratique, bien des parents jouent sur les deux tableaux : un livret au nom de l'enfant pour les petites sommes et l'apprentissage de l'argent et une assurance vie à leur propre nom pour l'essentiel du capital « études ».
Épargner pour eux, c'est déjà transmettre
Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant sans droits à payer et l'abattement se reconstitue tous les quinze ans. Le don familial de somme d'argent s'y ajoute sous conditions d'âge, à hauteur de 31 865 €.
Les grands-parents disposent de leurs propres abattements.
Quand l'épargne des enfants dépasse quelques milliers d'euros, la question de la transmission rejoint celle du placement. Elle se traite dans la thématique dédiée, avec le notaire lorsque la situation le demande.
L'essentiel en cinq points
- Ancrer l'effort dans le but, le coût des études, le rend plus tangible et plus facile à tenir.
- Se payer en premier : un virement programmé dès la paie et l'on compose avec ce qui reste.
- Mettre le présent à l'abri d'abord : le matelas de sécurité précède tout projet lointain.
- L'épargne courante sur livret, la précaution sur assurance vie en fonds euros.
- Côté études : commencer tôt pour les intérêts composés et loger le capital sur une assurance vie à son nom afin d'en garder la maîtrise.
Un peu, tôt et souvent : la tirelire des premiers mois n'est pas un détail, c'est le geste qui installe l'habitude.
Les erreurs à ne pas commettre
| Le piège | La parade |
|---|---|
| Placer tout son argent sans matelas préalable | Bâtir en priorité son épargne de précaution |
| Chercher à remplir les livrets jusqu'au plafond | Se limiter au montant d'épargne que l'on a calculé |
| Immobiliser sur un « plan » son argent d'urgence | Garder les plans (PER, PEA, PEL) pour le long terme |
| Attendre le dernier moment pour les études | Mettre en place un petit virement automatique dès la naissance |
| S'imaginer devoir tout financer seul | Panacher épargne, bourses, alternance, aides et prêt |
Mini-lexique
Épargne de précaution
Le coussin qui amortit les coups durs et fournit l'apport des projets.
Liquidité
L'aptitude à récupérer ses fonds sans attente ni perte.
Intérêts composés
Des gains qui génèrent eux-mêmes d'autres gains, l'« effet boule de neige ».
Fonds euros
Le compartiment à capital garanti d'une assurance vie.
CVEC
Contribution de vie étudiante et de campus, à régler chaque année.
Les questions que les parents nous posent
Une réponse courte, un exemple chiffré et le guide qui détaille un clic plus loin.
Les ressources pour Épargne et études des enfants
Deux guides, deux quiz et un outil de calcul. Les guides se lisent en entier ici, sans rien laisser en échange.

Financer les études de ses enfants
Coût par filière, effet ville, placements par horizon, plan d'épargne et aides.

Quel investisseur parent êtes-vous ?
Trois profils au bout et le commentaire de Florent sur chacun.

Simulateur d'épargne et d'études
Âge de l'enfant, objectif, versement mensuel, avec ou sans le coût des études.
Un webinaire est également rattaché à cette thématique. Le programme complet et les prochaines sessions sont sur la page Webinaires.
« Est-ce qu'on fait les bons choix ? Y a-t-il mieux que le Livret A ? »
Sophie et Julien, 32 et 35 ans, deux enfants de 3 et 6 ans, environ 70 000 € de revenus annuels. Depuis la naissance de chaque enfant, ils versaient régulièrement sur un Livret A. En faisant le calcul, ils ont vu que sur quinze ans, ces sommes ne pesaient pas lourd face au coût réel des études.
Le Livret A a été conservé pour les dépenses courantes des enfants. En parallèle, une enveloppe de capitalisation a été ouverte pour le long terme, avec 400 € de versements automatiques par mois, soit 200 € par enfant et une allocation qui se sécurise à mesure que l'échéance approche.
- Versement mensuel
- 400 €
- Plus-value projetée à 15 ans
- 58 331 €
- Plus-value sur un Livret A
- 14 343 €
Plus-value projetée dans l'hypothèse d'un rendement de 7 % par an, à comparer au Livret A sur la même durée. Contenu pédagogique, qui ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Un contrat en unités de compte comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Ce que les parents nous demandent le plus
Combien coûte vraiment une année d'études ?
Entre 10 000 et 16 000 € pour un étudiant qui a quitté le domicile familial, la fourchette haute étant parisienne. Les droits d'inscription, eux, tournent autour de 180 € en licence publique et 250 € en master, plus la CVEC, environ 110 € par an : une part minime du total.
Faut-il d'abord épargner pour les études ou constituer une réserve ?
La réserve d'abord. Trois à six mois de dépenses, disponibles sur livret, avant tout projet de long terme. Sans elle, le premier imprévu oblige à vendre ses placements au mauvais moment.
Le Livret A est-il un mauvais choix ?
Il est très bien pour ce à quoi il sert : une réserve disponible, sans risque et sans fiscalité. Il devient limitant comme placement long. Sur quinze ans, 150 € par mois y donnent environ 30 000 €, contre 43 600 € dans l'hypothèse d'un contrat en unités de compte à 6 % par an, avec un risque de perte en capital que le livret n'a pas.
Ouvrir un livret au nom de l'enfant ou une assurance vie à mon nom ?
Les deux, souvent. Un livret au nom de l'enfant pour les petites sommes et l'apprentissage de l'argent, sachant qu'il en disposera librement à 18 ans. Une assurance vie à votre nom pour l'essentiel du capital « études » : elle prend date, sa fiscalité s'adoucit après 8 ans et vous gardez la main.
Et si les études commencent dans trois ans ?
On change de logique : la disponibilité prime sur le rendement. Fonds euros et Livret A, avec un effort mensuel plus élevé, de l'ordre de 772 € pour réunir 30 000 € en trois ans. Mieux vaut un objectif partiel atteint qu'un capital exposé au mauvais moment.
Le PEL a-t-il encore un intérêt ?
Il en a un précis : son taux est fixé à l'ouverture et garanti pour toute la vie du plan, ce qui en fait un point d'ancrage pour un horizon de six à douze ans. Le plafond est de 61 200 €, les fonds sont bloqués quatre ans. C'est un outil de projet, pas une réserve d'urgence.
Faut-il compter sur les bourses ?
Il faut les demander, sans construire le plan dessus. La bourse CROUS peut atteindre 6 335 € par an à l'échelon 7, l'APL 50 à 250 € par mois et le prêt garanti par l'État va jusqu'à 20 000 € sans caution parentale. Ces montants se simulent avant de choisir le logement, pas après.
Un premier échange avec Florent, en visio ou au cabinet, pour partir de votre situation et voir si un accompagnement peut vous être utile. Sans engagement.
Relu par Florent Cavailles, conseiller en investissements financiers, cofondateur d'OP! Parents avec Charlène. Il accompagne des familles sur l'épargne, les études et la transmission depuis 2022. ORIAS n° 21008193 · ANACOFI-CIF, association agréée par l'AMF.
Cette page a un objectif pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.
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