Faire travailler son argent quand on est parent
Ce n'est pas un cours de finance. Ce sont les quelques notions qui suffisent à prendre de bonnes décisions, avec les chiffres qui vont avec.
Données à jour de juillet 2026.
Pourquoi épargner ne suffit pas
L'inflation est la hausse générale et durable des prix. À 2 % par an, un panier à 100 € aujourd'hui en coûtera 122 dans dix ans. Si votre épargne rapporte moins que l'inflation, elle perd du pouvoir d'achat, même si le nombre d'euros augmente.
Un exemple : le Livret A rapporte 1,7 % depuis août 2026. Avec une inflation autour de 2 %, le rendement réel est d'environ −0,3 %. Sur 10 000 €, cela représente une trentaine d'euros de pouvoir d'achat perdu en un an.
Les intérêts composés et pourquoi commencer tôt change tout

Les intérêts s'ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts. 1 000 € à 5 % donnent 1 050 € la première année ; la deuxième année, les 5 % s'appliquent sur 1 050 €. L'effet est faible au début et devient considérable sur vingt ou trente ans.
Deux familles, deux calendriers et le même taux de 7 % :
- La première famille verse plus mais à peine et récupère près du double
- Ce qui les sépare n'est pas l'effort mensuel, c'est le temps laissé à l'argent pour travailler
- Exemple illustratif, à rendement constant : les performances passées ne préjugent pas des performances futures
| Ce qui est fait | Versé au total | Capital aux 18 ans |
|---|---|---|
| 100 €/mois dès la naissance | ≈ 21 600 € | ≈ 43 000 € |
| 200 €/mois à partir de ses 10 ans | ≈ 19 200 € | ≈ 25 600 € |
Le Livret A : indispensable mais pour une seule chose
Garanti par l'État, disponible à tout moment, non imposable, plafonné à 22 950 €. C'est le support parfait pour le coussin de sécurité et un mauvais choix pour tout le reste.
Pour une famille dont les charges fixes atteignent 3 000 € par mois, ce coussin représente 9 000 à 18 000 €, soit trois à six mois. Au-delà, l'argent qui dort là perd du pouvoir d'achat chaque année.
L'assurance-vie, mal nommée et souvent mal comprise

Ce n'est pas une assurance décès mais un contrat d'épargne, qui abrite deux types de supports. Les fonds en euros, à capital garanti, rapportent de 2 à 3 % ces dernières années. Les unités de compte sont investies en actions, en immobilier ou en obligations : le capital n'y est pas garanti, le potentiel est plus élevé sur le long terme.
Les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € s'applique, porté à 9 200 € pour un couple et le taux d'impôt tombe à 7,5 % pour les contrats de moins de 150 000 € de versements.
Le PEA, pour les actions et sur la durée
Le plan d'épargne en actions permet d'investir en actions de l'Union européenne et dans certains fonds indiciels mondiaux, avec un plafond de 150 000 €. Après cinq ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
Thomas a réalisé 12 000 € de gains sur un PEA ouvert il y a six ans. Sur un compte-titres ordinaire, à 31,4 %, il aurait payé 3 768 €. Sur le PEA, il paie 2 232 €, soit 1 536 € d'écart sur une seule opération.
Attention : un retrait avant cinq ans entraîne en principe la clôture du plan. Le PEA n'a donc rien à faire du côté de votre épargne de précaution.
Le PER, un gain fiscal immédiat contre un blocage
Les versements sur un plan d'épargne retraite sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels. En contrepartie, l'argent est bloqué jusqu'à la retraite, sauf achat de la résidence principale ou accident de la vie.
Marie gagne 80 000 € par an et se situe dans la tranche à 30 %. En versant 5 000 € sur son PER, elle ramène sa base imposable à 75 000 € et économise 1 500 € d'impôt l'année du versement. Le capital sera imposé à la sortie : l'avantage est un décalage, pas une exonération.
Le comparatif, en une page
Rendements indicatifs et non garantis. Sur les supports non garantis, la valeur peut monter comme baisser et vous pouvez récupérer moins que ce que vous avez versé.
| Support | Rendement indicatif | Risque | Horizon | Fiscalité des gains |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % | Nul | Court terme | Exonéré |
| Fonds en euros | 2 à 3 % | Très faible | Moyen terme | Avantage après 8 ans |
| Assurance-vie en UC | 3 à 7 % | Modéré | Moyen à long | Avantage après 8 ans |
| PEA | 5 à 8 % | Élevé | Long terme | Impôt exonéré après 5 ans, PS 18,6 % |
| PER | Variable | Variable | Retraite | Déduction à l'entrée, imposé à la sortie |
La stratégie, en trois étapes et dans cet ordre

L'ordre compte autant que le contenu. Investir avant d'avoir constitué son coussin oblige à vendre au mauvais moment dès le premier imprévu et c'est ainsi que l'on transforme une baisse passagère en perte définitive.
- Sécuriser le coussin : trois à six mois de charges sur un support disponible, auquel on ne touche pas
- Identifier vos projets et leur horizon : moins de 3 ans en fonds en euros, de 3 à 10 ans en mixte, au-delà de 10 ans sur des supports dynamiques
- Diversifier : jamais tout au même endroit, jamais tout sur un seul support
Les questions qu'on nous pose sur ce sujet
Ce que les parents nous demandent le plus
Par quoi commencer si je n’ai rien mis en place ?
Par le coussin de sécurité, puis par l'ouverture d'une assurance-vie, même avec 100 €, pour lancer le compteur des huit ans. Ces deux gestes ne coûtent presque rien et conditionnent tout le reste.
Faut-il un placement au nom de l’enfant ou au mien ?
Les deux se défendent. Au nom de l'enfant, les sommes lui appartiennent à sa majorité et il en dispose librement. À votre nom, vous gardez la main sur le calendrier et sur l'usage.
Les frais comptent-ils vraiment ?
Beaucoup. Sur vingt ans, 0,5 % d'écart de frais annuels représente plusieurs milliers d'euros. Les frais d'entrée vont de 0 % en ligne à 3 ou 4 % en agence et les frais de gestion de 0,5 à 1 % par an.
Un premier échange avec Florent, en visio ou au cabinet, pour partir de votre situation et voir si un accompagnement peut vous être utile. Sans engagement.
Relu par Florent Cavailles, conseiller en investissements financiers, cofondateur d'OP! Parents avec Charlène. Il accompagne des familles sur l'épargne, les études et la transmission depuis 2022. ORIAS n° 21008193 · ANACOFI-CIF, association agréée par l'AMF.
Ce guide a un objectif pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les supports non garantis comportent un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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