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GuideInvestir en Bourse quand on est parent : le guide complet
Peu de sujets déclenchent autant de réactions contraires que la Bourse. Casino pour les uns, moteur d’épargne pour les autres. Beaucoup de parents l’observent à distance, entre curiosité et prudence : faut-il être initié ? Peut-on tout y perdre ? Ce guide reprend ces questions une à une, sans jargon et sans chercher à vous faire investir.
Données à jour de septembre 2026.
Avant de commencer : ce que ce guide fait et ne fait pas
Comprendre les marchés n’a rien d’accessoire quand on veut faire fructifier son argent : c’est un pilier, au même titre que l’immobilier ou l’épargne réglementée.
L’ambition de ce guide n’est pas de faire de vous un trader, ni de vous pousser à investir. Elle est de vous donner de quoi décider en toute lucidité, de comprendre ce qu’on cherchera à vous vendre et de contourner les erreurs les plus répandues. Le quotidien d’un investisseur de long terme est d’ailleurs bien plus calme que les images qu’on en donne : un virement automatique, une revue par an et à peu près rien d’autre.
Comprendre le fonctionnement de la Bourse
Une entreprise qui veut grandir finit toujours par buter sur la même question : où trouver les capitaux ? Le crédit bancaire dépanne mais il n’est pas accordé à toutes et il faut le rembourser. Reste une autre piste : au lieu d’emprunter, vendre une part de son entreprise. La société découpe son capital en actions qu’elle cède à des investisseurs ; ceux-ci apportent les fonds et récupèrent en échange un morceau de l’entreprise. Les voilà actionnaires, associés à ses réussites comme à ses déboires.
Le prix d’une part dépend de la valeur prêtée à l’ensemble : céder un cinquième d’une société pour 500 000 €, c’est la valoriser 2,5 millions. Pour que ces premiers bailleurs récupèrent un jour leur mise intervient l’introduction en Bourse : les titres s’ouvrent à de nouveaux acheteurs. Ces formalités étant exigeantes, ce sont surtout de grandes sociétés que l’on retrouve cotées.
Le mot « Bourse » ne désigne pas un lieu unique mais toute une constellation de marchés spécialisés, aujourd’hui entièrement informatisés. Il en existe un par famille de produits :
- Le marché des actions : échange de parts de propriété d’entreprises
- Le marché de taux : échange de titres de dette, les obligations, émis par des entreprises ou des États
- Le marché des devises : échange des monnaies internationales entre elles
- Le marché des matières premières : échange de ressources, pétrole, or, blé
Ce qu’on achète : copropriétaire ou créancier
Pour démarrer, deux instruments suffisent, aux logiques opposées : l’un fait de vous un copropriétaire, l’autre un prêteur.
L’action : posséder un morceau de la société
- Une fraction du capital d’une entreprise
- Un droit de vote aux assemblées générales, pour peser sur les grandes orientations
- Un droit aux dividendes, cette portion des bénéfices reversée aux actionnaires en compensation du risque
- Aucune rémunération connue d’avance : le gain vient de la hausse du cours et des dividendes, la perte est possible
L’obligation : endosser le rôle du prêteur
- Une reconnaissance de dette : vous avez prêté à une entreprise, une collectivité ou un État (on parle alors de bon du Trésor)
- Des intérêts réguliers, les coupons, puis le capital remboursé à l’échéance
- Le montant et la date de la rémunération sont connus d’avance
- Le risque existe aussi : l’émetteur peut faire défaut
D’où vient le gain, au juste
Une action enrichit de deux manières : la plus-value, quand on la revend plus cher qu’à l’achat et le dividende. Pour évaluer ce que rapporte le second, on calcule le rendement : montant du dividende divisé par le cours de l’action. Une action cotée 100 € qui distribue 4 € affiche un rendement de 4 %. Pour une obligation, la logique est cousine : on touche les coupons pendant toute la vie du titre, avec un gain ou une perte possible si on le revend avant son terme.
Le vrai moteur, sur la durée, est ailleurs : dans les intérêts composés. Replacer ses gains au fur et à mesure fait que chaque gain vient grossir le capital et en produit à son tour. La règle des 72 en donne une idée rapide : divisez 72 par le rendement annuel, vous obtenez le nombre d’années qu’il faut à une somme pour doubler.
| Rendement annuel | Calcul | Temps pour doubler le capital |
|---|---|---|
| 3 % | 72 ÷ 3 | ≈ 24 ans |
| 6 % | 72 ÷ 6 | ≈ 12 ans |
| 7 % | 72 ÷ 7 | ≈ 10 ans |
| 8 % | 72 ÷ 8 | ≈ 9 ans |
Approximation mathématique, hors frais et hors fiscalité, à rendement supposé constant. Dans la réalité, aucun rendement n’est constant ni garanti : risque de perte en capital, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les indices ou comment acheter tout un marché
Trois moteurs expliquent la hausse des marchés sur longue période : la croissance des bénéfices des entreprises, les dividendes réinvestis et la conquête de nouveaux marchés. Ils ne fonctionnent pas tous les ans, ils fonctionnent sur la durée. Et ils s’observent le mieux sur les indices, ces paniers d’actions qui résument un marché entier.
Un indice large amortit les à-coups d’une entreprise isolée : une société chute, des centaines d’autres tiennent. Sur vingt ans, les marchés actions mondiaux ont produit de l’ordre de 7 % par an en moyenne, dividendes réinvestis. C’est une moyenne historique, pas une promesse : aucune année ne ressemble à la moyenne et certaines effacent trois années de hausse en quelques semaines.
| Indice | Zone | Nombre d’entreprises | Performance annuelle moyenne sur 30 ans |
|---|---|---|---|
| Indice monde développé | 23 pays développés | ≈ 1 500 | ≈ 8 % |
| Indice des 500 grandes valeurs américaines | États-Unis | 500 | ≈ 10 % |
| Indice des 40 grandes valeurs françaises | France | 40 | ≈ 7 % |
| Indice pays émergents | Pays émergents | ≈ 1 400 | ≈ 6 % |
| Indice monde entier | Pays développés et émergents | ≈ 2 900 | ≈ 7,5 % |
Performances historiques brutes, données à titre indicatif, hors frais et hors fiscalité. Risque de perte en capital, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Ce qu’on risque : les aléas à connaître
Placer son argent en Bourse suppose d’assumer une part d’aléa. Repérer ces risques, c’est déjà commencer à s’en prémunir.
- La volatilité : elle traduit l’ampleur des variations d’un titre. Un cours agité, aux écarts marqués d’une séance à l’autre, est très volatil ; un cours plus tranquille l’est peu
- La liquidité : encore faut-il, pour vendre, dénicher un acheteur. Quand ils manquent, impossible de sortir vite et de récupérer sa mise
- Le risque de taux (obligations) : quand les taux grimpent, les obligations émises auparavant, moins généreuses, se déprécient à la revente
- Le risque de défaut : l’émetteur d’une obligation peut ne pas rembourser et une entreprise peut déposer le bilan
- Le risque de change : une devise qui perd de la valeur peut annuler vos gains, l’exemple ci-dessous le montre
Ce qui met les cours en mouvement : les grands cycles
Les cours ne bougent pas au petit bonheur. Deux forces de fond les commandent : l’inflation et les taux d’intérêt. L’inflation, c’est la montée générale des prix ; pour la tenir autour de 2 %, les banques centrales ajustent leurs taux directeurs. Abaissés, ils stimulent le crédit et la croissance ; relevés, ils freinent l’activité et apaisent l’inflation. Mis bout à bout, ces mouvements dessinent de grands cycles en quatre temps.
| Phase | Ce qui se passe |
|---|---|
| Expansion | La reprise se confirme : bénéfices et cours progressent franchement, jusqu’à ce que les valorisations plafonnent et que les investisseurs se fassent plus sélectifs. |
| Surchauffe | L’optimisme atteint son sommet et l’inflation resurgit ; on se replie sur les valeurs défensives. Pour calmer le jeu, les banques centrales relèvent leurs taux. |
| Récession | L’activité et la consommation faiblissent ; l’inflation, encore vive, est matée par des taux élevés, ce qui pèse sur les marchés. |
| Reprise | L’inflation reflue, les taux redescendent, la demande repart : la plupart des titres remontent. C’est souvent la phase où l’on regrette d’avoir vendu pendant la précédente. |
Un bémol : « Bourse en hausse » ne rime pas avec « économie en forme ». Le marché anticipe. Et personne ne sait dans quelle phase on se trouve autrement qu’après coup.
Les krachs, vus avec du recul

Chaque crise a paru définitive sur le moment. Aucune ne l’a été. Le tableau ci-dessous ne dit pas qu’il n’y a pas de risque : il dit que le vrai risque, pour un investisseur de long terme, est de vendre pendant la baisse.
| Événement | Période | Baisse | Temps de récupération |
|---|---|---|---|
| Krach de 1929 | 1929-1932 | ≈ -86 % | ≈ 25 ans, bien moins avec les dividendes |
| Krach de 1987 | 1987 | ≈ -34 % | ≈ 2 ans |
| Bulle internet | 2000-2002 | ≈ -49 % | ≈ 7 ans |
| Crise financière | 2008-2009 | ≈ -56 % | ≈ 4 ans |
| Covid-19 | 2020 | ≈ -34 % | ≈ 5 mois |
Ordres de grandeur sur les grands indices américains, dividendes non réinvestis sauf mention. Rien ne garantit que la prochaine crise se rattrape aussi vite : risque de perte en capital, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
À qui va votre argent ? Le neuf et l’occasion
Une question déroutante : en achetant une action en Bourse, financez-vous l’entreprise ? Le plus souvent, non. Pour le saisir, il faut séparer deux marchés.
Le marché primaire, celui du « neuf »
- Entreprises, États et collectivités y émettent leurs titres
- L’argent des investisseurs va réellement à l’émetteur
- C’est l’unique instant où l’entreprise est financée
Le marché secondaire, celui de « l’occasion »
- Les titres déjà en circulation passent d’un investisseur à l’autre
- L’émetteur n’en perçoit rien
- C’est presque toujours de lui que les médias parlent quand ils disent « la Bourse »
- Comme une voiture d’occasion : la vente déplace la voiture et l’argent d’une main à l’autre, sans rapporter un centime au constructeur
Un mot sur l’encadrement : en France, les grandes sociétés sont cotées sur un marché réglementé et l’AMF (Autorité des marchés financiers) veille à son bon fonctionnement et à la transparence de l’information. Son site foisonne de ressources utiles, dont un répertoire des acteurs habilités à exercer et, à l’opposé, une liste noire des sites frauduleux à fuir. Avant de confier un euro à un intermédiaire, vérifiez qu’il figure dans le premier et pas dans la seconde.
Le vrai adversaire, c’est vous

Les études sur le comportement des épargnants montrent un écart régulier entre la performance des marchés et celle réellement obtenue par les particuliers. Cet écart ne vient pas des marchés : il vient des décisions prises au mauvais moment.
Perdre 1 000 € fait environ deux fois plus mal que gagner 1 000 € ne fait plaisir. Ce déséquilibre, mis en évidence par les travaux de Kahneman et Tversky, explique l’essentiel des ventes paniques.
- La panique en baisse : vendre pour arrêter de voir le rouge et acter la perte
- L’euphorie en hausse : acheter davantage juste après une forte progression donc au prix fort, souvent en pleine « bulle »
- Le biais de confirmation : ne lire que ce qui confirme ce que vous pensez déjà
- L’aversion aux pertes : garder une ligne en perte pour ne pas avoir à reconnaître l’erreur
Investir seul, via un fonds ou via un fonds indiciel
Deux voies s’ouvrent à vous : acheter vos titres en direct ou confier votre argent à un fonds d’investissement. Là, de nombreux épargnants réunissent leurs mises, qu’un gérant place selon une stratégie affichée, moyennant commission. Un fonds se juge à sa composition, son profil de risque, l’horizon recommandé et ses frais. Ne vous arrêtez pas à l’offre maison de votre banque : des sites d’analyse spécialisés permettent de comparer.
Une troisième voie a pris le dessus chez les particuliers : le fonds indiciel, souvent appelé ETF. Il ne cherche pas à choisir les bonnes entreprises, il achète tout l’indice. En une seule ligne, vous détenez une fraction de plusieurs centaines ou milliers de sociétés. Sur vingt ans, environ neuf fonds actions gérés activement sur dix font moins bien que leur indice de référence, selon les études comparatives que publient chaque année les fournisseurs d’indices. Ce n’est pas une question de talent mais d’arithmétique et de frais.
- Les frais : de 1,5 à 2,5 % par an en gestion active, contre 0,1 à 0,5 % pour un fonds indiciel. Sur vingt ans, cet écart mange une part considérable du résultat
- La difficulté de battre durablement un marché qui intègre l’information disponible presque instantanément
- La rotation des gagnants : le fonds vedette d’une année est rarement celui de la suivante
- La réplication : un fonds indiciel peut acheter réellement les actions de l’indice (réplication physique) ou passer un contrat avec une banque qui lui verse la performance de cet indice (réplication synthétique). La seconde permet notamment de loger un indice mondial dans un PEA, qui n’accepte en principe que des titres européens
Dans quelle enveloppe loger son argent
Le support et l’enveloppe sont deux choses différentes. Acheter le moindre produit financier suppose d’abord d’ouvrir une enveloppe chez un intermédiaire et c’est elle, le contenant, qui décide de la fiscalité de vos gains.
| Enveloppe | Plafond | Fiscalité des gains | Usage type |
|---|---|---|---|
| Plan d’épargne en actions (PEA) | 150 000 € de versements | Impôt exonéré après 5 ans, prélèvements sociaux 18,6 % | Premier investissement en actions, long terme |
| Assurance-vie en unités de compte | Aucun | Prélèvements sociaux 17,2 %, fiscalité allégée après 8 ans | Diversification, projet des enfants, transmission |
| Compte-titres ordinaire | Aucun | 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) | Au-delà du plafond du PEA ou titres non éligibles |
| Plan d’épargne retraite (PER) | Plafond de déduction annuel | Déduction à l’entrée, imposition à la sortie | Retraite, épargne bloquée sauf cas de déblocage |
Le détail des quatre enveloppes, avec leurs cas d’usage pour une famille, fait l’objet d’un guide dédié dans ce silo.
La fiscalité, sans stress : le barème 2026
Premier principe : tant que vos gains restent au sein de l’enveloppe (assurance-vie, PEA), vous ne devez rien. L’impôt ne se déclenche qu’au retrait et seulement sur les gains.
Bien des décisions dépendent ensuite de votre tranche marginale d’imposition. Le barème est progressif : chaque tranche supporte son propre taux et seule la portion de revenu qui tombe dans une tranche est taxée à ce taux.
| Tranche de revenu par part (barème 2026) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Prenons un couple marié, deux parts, déclarant 60 000 € par an. Une fois l’abattement de 10 % appliqué, le revenu retenu tombe à 54 000 €, soit 27 000 € par part. Sur la portion dépassant 11 600 €, le barème prélève 11 %, ce qui représente environ 1 694 € par part donc près de 3 388 € d’impôt au total, pour une tranche marginale de 11 %.
Comment sont taxés vos gains, enveloppe par enveloppe
Pour les plus-values et les dividendes hors enveloppe, deux régimes au choix. Le prélèvement forfaitaire unique, la flat tax, s’élève en 2026 à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) ; il mise sur la simplicité et s’avère souvent avantageux dès la tranche à 30 %. À défaut, le barème progressif, lorsqu’il vous est plus favorable : c’est le cas de notre couple à 11 % et les dividendes profitent alors d’un abattement de 40 %. Sur l’année, gains et pertes se compensent et une perte nette peut venir réduire vos gains imposables durant les dix années suivantes.
| Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total sur les gains |
|---|---|---|---|
| Compte-titres, flat tax | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Compte-titres, option barème | Votre tranche (0 à 45 %) | 18,6 % | Selon votre tranche |
| PEA, retrait avant 5 ans | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % et clôture en principe |
| PEA, retrait après 5 ans | 0 % | 18,6 % | 18,6 % |
| Assurance-vie, retrait avant 8 ans | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Assurance-vie, retrait après 8 ans | 7,5 % après abattement de 4 600 € (9 200 € en couple) | 17,2 % | 24,7 % au-delà de l’abattement |
Le taux de 7,5 % s’applique aux gains liés aux primes versées jusqu’à 150 000 € ; au-delà, 12,8 %. Les prélèvements sociaux de l’assurance-vie restent à 17,2 % en 2026, contre 18,6 % sur les autres revenus de placement.
Ce que l’enveloppe change, en euros
Marie a investi régulièrement pendant vingt ans. Son capital atteint 104 000 €, dont 56 000 € de gains. Au moment de retirer, l’enveloppe choisie au départ décide de ce qui lui reste.
| Enveloppe | Taux appliqué aux gains | Impôt et prélèvements | Net pour Marie |
|---|---|---|---|
| PEA, après 5 ans | 18,6 % | ≈ 10 416 € | ≈ 93 584 € |
| Compte-titres ordinaire, flat tax | 31,4 % | ≈ 17 584 € | ≈ 86 416 € |
Exemple illustratif à rendement supposé, hors frais. Risque de perte en capital, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Combien faut-il pour se lancer ?

Répétons-le sans détour : la Bourse n’a rien d’une machine à sous. Les gains suivent les sommes réellement investies et les frais fixes pèsent lourd sur les petites mises, d’où l’intérêt de comparer les intermédiaires avant de choisir. Quelques dizaines d’euros par mois suffisent chez la plupart d’entre eux ; l’important n’est pas la somme de départ mais la régularité.
En débutant, mieux vaut viser le long terme, cinq ans au strict minimum et plutôt huit à dix, pour lisser les aléas et n’engager que l’argent dont on n’aura pas besoin à court terme. Deux prérequis avant le premier euro : trois à six mois de dépenses disponibles sur un livret et aucune dette coûteuse. Rembourser un crédit à 8 % rapporte 8 % de façon certaine, ce qu’aucun placement ne peut promettre.
Démarrer, dans l’ordre
Cinq étapes, à respecter dans l’ordre. Chacune suppose que la précédente soit acquise. La dernière est la plus difficile à tenir.
Vérifier les prérequis
Épargne de précaution en place, aucun crédit à la consommation en cours et un horizon d’au moins cinq ans pour l’argent que vous allez placer. Si l’un des trois manque, on attend.
Choisir l’intermédiaire sur des critères
Pas sur une publicité : enveloppes proposées, frais par ordre et de tenue de compte, possibilité de programmer les versements, habilitation vérifiée sur le site de l’AMF, lisibilité de l’interface. Les intermédiaires en ligne sont généralement moins coûteux.
Ouvrir l’enveloppe et prendre date
Un PEA pour le long terme, une assurance-vie en complément si vous préparez aussi un projet pour les enfants ou une transmission. L’horloge fiscale démarre le jour de l’ouverture.
Choisir un premier support
Un indice large et diversifié, des frais annuels nettement inférieurs à 0,5 %, une compatibilité avec votre enveloppe et un encours conséquent. Pour débuter, un seul fonds indiciel mondial suffit le plus souvent. Lisez le DICI avant de valider.
Automatiser, puis ne presque rien faire
Un montant fixe prélevé le jour de votre salaire, uniquement de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant huit à dix ans. Ensuite, une revue par an : vérifier que le virement tourne, l’augmenter si vos revenus ont progressé, rééquilibrer si besoin.
Ce que donne l’effort mensuel, sur vingt ans
Le montant compte moins que la durée. Mais il compte. Pour tester votre propre situation, le simulateur fait le calcul avec vos chiffres.
| Effort mensuel | Durée | Capital estimé à 7 % par an | Dont vos versements | Dont les marchés |
|---|---|---|---|---|
| 50 € | 20 ans | ≈ 26 000 € | 12 000 € | ≈ 14 000 € |
| 100 € | 20 ans | ≈ 52 000 € | 24 000 € | ≈ 28 000 € |
| 200 € | 20 ans | ≈ 104 000 € | 48 000 € | ≈ 56 000 € |
| 300 € | 20 ans | ≈ 156 000 € | 72 000 € | ≈ 84 000 € |
| 500 € | 20 ans | ≈ 260 000 € | 120 000 € | ≈ 140 000 € |
Entretenir son portefeuille dans la durée
Un portefeuille ne se laisse pas dormir. Mais il ne réclame pas non plus d’attention quotidienne. Avec le temps, sa répartition se déforme : une zone qui a beaucoup monté finit par peser trop lourd. Une fois par an, trois vérifications suffisent.
- Rééquilibrer : ramener chaque poche vers la répartition décidée au départ, en vendant un peu de ce qui a monté et en renforçant ce qui a baissé
- Contrôler la diversification : par zones géographiques, par secteurs et entre actions et obligations, en accord avec le niveau de risque que vous acceptez
- Donner du sens si vous le souhaitez : fonds labellisés responsables ou obligations vertes. La loi PACTE oblige d’ailleurs les contrats d’assurance-vie à proposer des unités de compte responsables
Boîte à outils : les pièges et leur parade
Chaque piège de ce tableau a coûté cher à quelqu’un. Aucun ne demande de connaissance particulière pour être évité.
| Le piège | La parade |
|---|---|
| Se laisser happer par une « bulle » | Se garder de l’euphorie et raisonner sur le long terme |
| Miser des sommes trop faibles chez un intermédiaire à frais fixes | Mesurer le poids des frais avant de se lancer |
| Courir après le gain rapide | Retenir un horizon d’au moins cinq ans, idéalement huit à dix |
| S’en tenir à l’offre de sa banque | Comparer intermédiaires, frais et fonds proposés |
| Se faire piéger par une arnaque | Vérifier l’habilitation sur le site de l’AMF et consulter sa liste noire |
| Négliger la fiscalité | Anticiper le régime d’imposition et « prendre date » sans tarder |
Ce guide a une vocation pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement ni un conseil fiscal personnalisé. Investir en Bourse comporte un risque de perte en capital. Les chiffres et seuils évoluent : vérifiez les informations en vigueur sur impots.gouv.fr et sur le site de l’AMF.
Petit glossaire
Les termes qui reviennent dans ce guide, en une ligne chacun.
- Action : fraction du capital d’une société, assortie d’un droit de vote et d’un dividende éventuel.
- Obligation : titre de dette ; un capital prêté rémunéré par un taux (le « coupon »).
- Plus-value / moins-value : gain ou perte constaté entre l’achat et la revente d’un titre.
- Volatilité : intensité des variations d’un titre. Liquidité : aisance à le revendre.
- Flat tax (PFU) : prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur les gains financiers hors assurance vie (30 % pour l’assurance vie avant huit ans).
- PEA / assurance vie / PER : enveloppes fiscales aux règles propres.
- Intérêts composés : replacer ses gains pour qu’ils en produisent à leur tour.
Les questions qu'on nous pose sur ce sujet
Ce que les parents nous demandent le plus
Faut-il attendre un point bas pour commencer ?
Personne ne sait reconnaître un point bas autrement qu’après coup. Sur un horizon long, le temps passé investi compte davantage que le moment d’entrée et le versement programmé règle la question sans que vous ayez à trancher.
En achetant une action, est-ce que je finance l’entreprise ?
Le plus souvent, non. L’entreprise n’est financée qu’au moment où elle émet ses titres, sur le marché primaire. Quand vous achetez une action déjà en circulation, sur le marché secondaire, l’argent va au vendeur, pas à la société, comme pour une voiture d’occasion.
Un dividende est-il garanti ?
Non. Il faut que l’entreprise dégage des bénéfices et que son versement soit voté en assemblée générale. Des sociétés rentables ne distribuent rien et réinvestissent tout. Le gain vient alors, éventuellement, de la hausse du cours.
Flat tax ou barème progressif : que choisir ?
La flat tax de 31,4 % est souvent la plus simple et la plus avantageuse à partir de la tranche à 30 %. Si votre tranche marginale est à 0 ou 11 %, le barème peut être plus favorable et les dividendes y bénéficient d’un abattement de 40 %. L’option se prend sur la déclaration, pour l’ensemble de vos revenus de capitaux de l’année.
L’argent placé en assurance-vie est-il bloqué huit ans ?
Non. Un retrait partiel ou total reste possible à tout moment. Le cap des huit ans marque seulement le seuil à partir duquel la fiscalité s’adoucit : 7,5 % d’impôt après un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple), au lieu de 12,8 % avant.
Que se passe-t-il si je dois retirer de mon PEA avant cinq ans ?
Les gains sont alors taxés à 31,4 % et le plan est en principe clôturé, sauf cas prévus par la loi. C’est la raison pour laquelle l’argent placé là ne doit jamais être celui de votre épargne de précaution.
Un premier échange avec Florent, en visio ou au cabinet, pour partir de votre situation et voir si un accompagnement peut vous être utile. Sans engagement.
Relu par Florent Cavailles, conseiller en investissements financiers, cofondateur d'OP! Parents avec Charlène. Il accompagne des familles sur l'épargne, les études et la transmission depuis 2022. ORIAS n° 21008193 · ANACOFI-CIF, association agréée par l'AMF.
Ce guide a un objectif pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les supports non garantis comportent un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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