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Apprendre · Donation et transmission

Guide

Transmettre de son vivant, sans se tromper

Transmettre n’est pas un sujet de fin de vie, c’est un sujet de calendrier. La plupart des dispositifs se rechargent tous les quinze ans : les enclencher tôt ne coûte rien et change beaucoup.

Données à jour de septembre 2026.

Un grand-parent et son petit-enfant
100 000 €
par parent et par enfant, sans droits
31 865 €
de don d’argent en plus, avant 80 ans
15 ans
et les compteurs repartent de zéro
31 déc. 2026
fin de l’exonération logement neuf
01 · Le déclic

Le chiffre qui devrait vous faire ouvrir le sujet

45 %. C’est le taux le plus élevé des droits de succession en ligne directe, atteint sur la part qui dépasse 1 805 677 € par enfant après abattement. Peu de familles sont concernées par ce plafond.

En revanche, des droits s’appliquent bien avant. Dès que la part d’un enfant dépasse l’abattement de 100 000 €, le barème progressif démarre. Un appartement en région et un contrat d’épargne suffisent souvent à y arriver.

La donation garde pourtant une image intimidante : on la croit réservée aux gros patrimoines, compliquée, coûteuse. C’est l’inverse. Bien utilisée, elle permet de transmettre en payant peu, parfois rien, à condition d’en connaître quelques règles simples : les abattements, le délai de quinze ans et le bon outil selon ce que l’on veut donner.

02 · Pourquoi donner tôt

Donner de son vivant : pourquoi et pour qui

On imagine la transmission au moment du décès, chez le notaire, dans un climat solennel. La loi encourage pourtant à donner bien plus tôt et c’est l’un des gestes les plus utiles que l’on puisse faire pour ses proches.

Donner de son vivant répond à trois envies très différentes, qui se cumulent souvent.

  • Aider quand ça compte vraiment. Un coup de pouce à vingt-cinq ans, pour des études, un mariage ou un apport immobilier, a bien plus d’impact qu’un héritage reçu à soixante ans. Donner de son vivant, c’est faire coïncider la transmission avec les besoins réels de vos proches.
  • Alléger la fiscalité. Chaque parent peut donner une certaine somme à chaque enfant sans aucun droit et ce compteur se recharge tous les quinze ans. En donnant tôt et par étapes, on transmet beaucoup plus, en payant beaucoup moins, qu’en laissant tout se régler au moment de la succession.
  • Organiser et apaiser. Décider soi-même, de son vivant, qui reçoit quoi, évite bien des tensions plus tard. On fige les choses clairement, plutôt que de laisser ses proches trancher dans un moment difficile.
03 · Les formes de don

Les cinq façons de donner, avec ou sans notaire

« Faire une donation » ne veut pas dire une seule chose. Selon ce que vous donnez et à qui, la forme change et le notaire n’est pas toujours requis.

Le don manuel est le plus simple : une somme d’argent (espèces, chèque, virement) ou un bien meuble (bijou, voiture, titres) remis de la main à la main. Aucun notaire mais une déclaration à l’administration fiscale, sans quoi le compteur des quinze ans ne démarre pas.

Le présent d’usage est le cadeau offert à l’occasion d’un événement : anniversaire, Noël, mariage, diplôme. Il n’est ni taxé, ni pris en compte dans la succession, à condition de rester proportionné à vos moyens.

La donation notariée est obligatoire pour un bien immobilier et vivement conseillée dès que le montant devient important : l’acte fixe les conditions et rend la donation incontestable. La donation-partage et la donation avec réserve d’usufruit en sont deux formes particulières, détaillées plus loin.

Type de donEn clairNotaire ?
Don manuelArgent ou objet, de la main à la mainNon mais à déclarer
Présent d’usageCadeau raisonnable pour un événementNon
Donation notariéeSécurise, obligatoire pour l’immobilierOui
Donation-partageRépartir de son vivant, valeurs figéesOui
Réserve d’usufruitDonner en gardant l’usage et les revenusOui
04 · Les abattements

Combien donner sans droits : les abattements par lien de parenté

C’est la question qui revient toujours. La réponse tient dans un mot : l’abattement. Chaque donateur dispose, pour chaque bénéficiaire, d’un montant qu’il peut donner sans aucun droit, qui dépend du lien de parenté et se recharge tous les quinze ans.

Chaque parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants sans aucun droit et ce compteur se remet à zéro tous les quinze ans (article 779 du code général des impôts). Au-delà, les droits sont progressifs, de 5 à 45 %.

Ces abattements se comptent par donateur et par bénéficiaire. Un enfant qui a ses deux parents peut donc recevoir 100 000 € de chacun, soit 200 000 € sans droits et de nouveau quinze ans plus tard. Jean a 60 ans et deux enfants : il donne 100 000 € à chacun, son épouse fait de même, 400 000 € sont transmis sans droits.

Lien de parentéAbattementSe recharge
Parent → enfant100 000 €tous les 15 ans
Grand-parent → petit-enfant31 865 €tous les 15 ans
Arrière-grand-parent → arrière-petit-enfant5 310 €tous les 15 ans
Entre époux ou partenaires de PACS80 724 €tous les 15 ans
Frère ou sœur15 932 €tous les 15 ans
Oncle ou tante → neveu ou nièce7 967 €tous les 15 ans
Personne en situation de handicap159 325 €, en plustous les 15 ans

L’abattement handicap se cumule avec celui du lien de parenté, quel que soit ce lien : un parent peut donner 100 000 € + 159 325 € à un enfant en situation de handicap sans droits à payer. Entre personnes sans lien de parenté, il n’y a pas d’abattement et le taux est de 60 %.

05 · Le don d’argent

Le don familial de sommes d’argent : 31 865 € de plus

En plus des abattements généraux, il existe un dispositif dédié à l’argent, souvent méconnu et pourtant très avantageux.

Le don familial de sommes d’argent permet de donner 31 865 € par donateur et par bénéficiaire, totalement exonérés, à deux conditions (article 790 G du code général des impôts) : le donateur doit avoir moins de 80 ans et le bénéficiaire doit être majeur ou émancipé. Il ne concerne que l’argent, espèces, chèque ou virement, jamais un bien.

Sa grande force, c’est qu’il se cumule avec l’abattement classique et se recharge lui aussi tous les quinze ans. Un parent de moins de 80 ans peut donc donner à son enfant majeur 100 000 € + 31 865 €, soit 131 865 € sans le moindre droit. Pour un couple, cela monte à 263 730 € par enfant.

Il vaut aussi pour les petits-enfants et arrière-petits-enfants, et, si vous n’avez pas de descendance, pour vos neveux et nièces. Un grand-parent de 72 ans peut ainsi donner à un petit-enfant de 20 ans 31 865 € au titre de l’abattement de parenté, plus 31 865 € au titre du don familial : 63 730 € sans droits.

06 · D’actualité

Aider un enfant à se loger : l’exonération logement neuf, jusqu’au 31 décembre 2026

Depuis le 15 février 2025, un dispositif temporaire s’ajoute aux abattements, pensé pour aider les jeunes générations à se loger. Il est particulièrement généreux et il s’éteint dans moins de quatre mois.

Vous pouvez donner jusqu’à 100 000 € par donateur, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire tous donateurs confondus, en totale exonération de droits, à condition que l’argent serve à un usage précis : acheter un logement neuf ou en l’état futur d’achèvement (VEFA) ou financer des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale éligibles à l’aide publique MaPrimeRénov’.

Les bénéficiaires possibles sont vos descendants directs (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants) ou, à défaut de descendance, vos neveux et nièces. Le dispositif se cumule avec les abattements classiques et le don familial vus plus haut : c’est ce cumul qui le rend si puissant.

Léa achète un appartement neuf. Ses deux parents lui donnent 100 000 € chacun et un grand-parent ajoute 100 000 € : elle reçoit 300 000 € pour son logement, sans aucun droit et sans entamer les abattements de 100 000 € et de 31 865 € que ses parents pourront encore utiliser pour elle.

  • Dons réalisés entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026, date de l’acte ou du virement
  • Somme employée dans les six mois qui suivent le don
  • Logement conservé comme résidence principale pendant au moins cinq ans, occupé par le bénéficiaire ou loué à quelqu’un qui en fait sa résidence principale
  • Exclus : l’achat dans l’ancien sans travaux éligibles, un terrain seul, l’auto-construction et la location à un membre du foyer fiscal
07 · Avance ou avantage

Avancement de part ou hors part : la ligne qui évite les disputes

Une donation est par défaut faite en avancement de part successorale : elle s’impute sur la future part d’héritage du bénéficiaire. Autrement dit, c’est une avance et l’équilibre entre les enfants est préservé au moment de la succession.

Elle peut au contraire être faite hors part successorale : elle s’ajoute alors à la part d’héritage, dans la limite de la quotité disponible. Si le surplus la dépasse, les autres héritiers peuvent en demander la réduction.

La mention doit figurer expressément dans l’acte. C’est une ligne et c’est elle qui décide si votre geste sera compris comme une avance ou comme un avantage.

08 · La donation-partage

La donation-partage, l’outil le plus efficace contre les conflits

Une fratrie adulte réunie autour d’une table

C’est un acte notarié qui répartit tout ou partie du patrimoine de votre vivant (article 1075 du code civil). Son intérêt majeur : il fige la valeur des biens au jour de l’acte, sous conditions, notamment lorsque tous les enfants reçoivent un lot.

Pierre transmet à 65 ans une résidence secondaire estimée 200 000 €. Quinze ans plus tard, elle en vaut 350 000 €. Grâce à la donation-partage, le calcul reste fondé sur 200 000 € : la hausse de 150 000 € échappe au partage, ce qui représente de l’ordre de 30 000 € économisés.

Sans cet acte, on réévalue au jour du décès. L’enfant qui a reçu le bien qui a le plus pris de valeur se retrouve à devoir compenser les autres, ce qui est la première cause de brouille familiale sur ces sujets. Un rendez-vous chez le notaire suffit à la mettre en place.

09 · Le démembrement

Le démembrement : donner sans se déposséder

Une maison de famille

La propriété d’un bien peut se diviser en deux : la nue-propriété, le fait d’en être propriétaire « sur le papier » et l’usufruit, le droit de l’utiliser et d’en percevoir les revenus, comme les loyers. En donnant la nue-propriété tout en gardant l’usufruit, vous continuez à occuper le bien ou à en toucher les loyers, pendant que votre enfant en devient plein propriétaire, automatiquement et sans droits supplémentaires, à votre décès.

Les droits de donation ne portent que sur la valeur de la nue-propriété, elle-même calculée selon votre âge (article 669 du code général des impôts). Plus vous donnez tôt, moins cette valeur est élevée et moins vous payez.

Claire, 65 ans, donne à son fils la nue-propriété d’une maison estimée 300 000 €. La nue-propriété vaut 60 %, soit 180 000 €. Après l’abattement de 100 000 €, les droits portent sur 80 000 € : environ 14 200 €. En pleine propriété, ils auraient porté sur 200 000 €, soit environ 38 200 €. Elle continue d’habiter la maison et son fils la récupère entièrement à son décès sans rien payer de plus.

Âge de l’usufruitierValeur de l’usufruit conservéValeur de la nue-propriété donnée
Moins de 21 ans90 %10 %
21 à 30 ans80 %20 %
31 à 40 ans70 %30 %
41 à 50 ans60 %40 %
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %
91 ans et plus10 %90 %

Barème de l’article 669 du code général des impôts, apprécié à l’âge du donateur au jour de l’acte. Il vaut aussi pour un portefeuille de titres. Le démembrement passe obligatoirement par un notaire.

10 · La réserve

Ce que la loi réserve à vos enfants

Vous ne pouvez pas déshériter vos enfants. La réserve héréditaire leur réserve une fraction du patrimoine (article 913 du code civil) et cette fraction augmente avec leur nombre. Ce qui reste, la quotité disponible, est la seule part dont vous disposez librement, pour avantager un enfant, un petit-enfant ou une personne extérieure à la famille.

Un notaire vérifie, à chaque acte, que vos donations respectent cet équilibre. Une donation qui empiète sur la réserve n’est pas nulle. Mais les enfants lésés pourront en demander la réduction au moment de la succession.

Nombre d'enfantsRéserve héréditaireQuotité disponible
1 enfant1/21/2
2 enfants2/31/3
3 enfants ou plus3/41/4
11 · Le barème

Le barème, pour situer les ordres de grandeur

Ces taux s’appliquent en ligne directe, après l’abattement de 100 000 € (article 777 du code général des impôts). Ils valent aussi bien pour les donations que pour les successions. Pour la grande majorité des familles, une transmission bien étalée dans le temps reste dans les premières tranches ou n’est pas taxée du tout.

Fraction taxable, après abattementTaux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Entre frères et sœurs, le taux est de 35 % jusqu’à 24 430 € puis 45 % au-delà ; entre parents jusqu’au 4e degré, 55 % ; au-delà et entre personnes sans lien de parenté, 60 %. D’où l’intérêt de l’assurance-vie pour transmettre hors de la ligne directe.

12 · L’assurance-vie

L’assurance-vie, une transmission qui passe à côté de la succession

Un couple relit ses contrats

L’assurance-vie n’est pas une donation. Mais elle joue un rôle central dans la transmission, avec ses propres règles, qui s’ajoutent aux abattements vus jusqu’ici. À votre décès, le capital est versé directement aux bénéficiaires que vous avez désignés, en dehors de la succession et hors réserve héréditaire. C’est ce qui en fait l’outil de transmission le plus souple du droit français, y compris vers un petit-enfant, un neveu ou une personne sans lien de parenté.

La fiscalité dépend de l’âge auquel vous avez versé les sommes. Les primes versées avant 70 ans ouvrent droit à un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I), puis un taux de 20 % sur la fraction comprise entre 152 500 € et 852 500 € et 31,25 % au-delà. Les primes versées après 70 ans relèvent d’un régime moins favorable : un abattement global de 30 500 €, tous bénéficiaires confondus, puis les droits de succession ordinaires (article 757 B). Mais seules les primes sont concernées : les gains produits par le contrat restent exonérés, ce qui garde à l’assurance-vie de l’intérêt à tout âge.

Michel a alimenté avant ses 70 ans trois contrats de 150 000 €, un par enfant. Chacun reçoit 150 000 € sans aucun droit. Sans cette enveloppe, chaque enfant aurait été taxé sur 50 000 € après l’abattement classique, soit de l’ordre de 8 000 € chacun.

Primes verséesAbattementAu-delà
Avant vos 70 ans152 500 € par bénéficiaire20 % jusqu’à 852 500 €, puis 31,25 %
Après vos 70 ans30 500 €, global, tous bénéficiairesDroits de succession sur les primes seules, gains exonérés

L’assurance-vie est une enveloppe distincte : ses abattements se cumulent avec ceux de la donation. Combiner dons de son vivant et assurance-vie permet de transmettre davantage, en franchise de droits.

13 · Les pièges

Les pièges qui gâchent une bonne donation

Une donation bien pensée peut être gâchée par une formalité oubliée ou une maladresse. Voici les réflexes qui comptent.

Ne vous dépouillez jamais. On ne donne que ce dont on est sûr de ne pas avoir besoin. Gardez de quoi vivre, faire face aux imprévus et financer votre propre avenir, notamment la dépendance. Une donation ne se reprend pas : c’est aussi pour cela que le démembrement, qui vous laisse l’usage et les revenus, est souvent le bon compromis.

Pensez à l’égalité entre vos enfants. Ce n’est pas une obligation de donner à chacun la même chose. Mais un déséquilibre non expliqué et non acté est ce qui ressort au moment de la succession. La donation-partage est là pour organiser cela sereinement.

Le piègeLa parade
Oublier de déclarer un donFormulaire 2735 dans le mois, pour lancer le compteur des quinze ans
Donner trop, trop tôtGarder de quoi vivre et affronter les imprévus ou donner en nue-propriété
Un présent d’usage démesuréLe proportionner à ses moyens, sinon le déclarer
Une clause bénéficiaire oubliéeLa relire et l’actualiser après chaque événement familial
Créer des inégalités entre enfantsPenser donation-partage et rapport des dons
Attendre la fin 2026 pour le logement neufFaire le don avant le 31 décembre, employer la somme dans les six mois
Méthode

Bien faire les choses : les formalités, dans l’ordre

Cinq étapes, du diagnostic à la trace écrite. La plupart tiennent en un après-midi, la dernière dépend du notaire.

Faire le point sur ce que vous pouvez donner

Sans fragiliser votre situation : revenus, réserve de sécurité, projets, dépendance. Puis l’inventaire de ce que vous avez déjà donné, sous quelle forme et à quelle date, pour savoir où en sont les compteurs de quinze ans.

Choisir le bénéficiaire et l’outil

Don d’argent, bien immobilier en nue-propriété, donation-partage entre tous les enfants, assurance-vie pour un petit-enfant ou une personne hors ligne directe. Situer le montant par rapport à l’abattement disponible : 100 000 € par parent et par enfant, 31 865 € de don familial, 300 000 € pour un logement neuf jusqu’à fin 2026.

Déclarer le don dans le mois

Pour un don manuel d’argent ou de titres, le formulaire 2735 se dépose dans le mois qui suit, en ligne ou auprès de votre service des impôts. C’est gratuit et c’est ce qui démarre le compteur et sécurise l’opération.

Passer chez le notaire quand un acte est nécessaire

Obligatoire pour un bien immobilier, un démembrement ou une donation-partage ; conseillé dès qu’un montant important ou plusieurs enfants sont en jeu. C’est lui qui vérifie la réserve héréditaire et inscrit la mention avancement de part ou hors part.

Garder une trace et informer vos proches

Une copie de la déclaration ou de l’acte, la preuve d’emploi pour le logement neuf, la clause bénéficiaire à jour. Et une conversation avec les enfants, pour que le geste soit compris comme vous l’entendez et ne devienne pas un malentendu vingt ans plus tard.

Vos questions

Les questions qu'on nous pose sur ce sujet

Questions fréquentes

Ce que les parents nous demandent le plus

Puis-je donner davantage à l’un de mes enfants ?

Oui, dans la limite de la quotité disponible et à condition de le préciser expressément dans l’acte, en donation hors part successorale. Au-delà, les autres enfants peuvent demander la réduction de la donation.

Faut-il déclarer une donation d’argent entre parent et enfant ?

Oui. Même exonérée, une donation doit être déclarée à l’administration fiscale, avec le formulaire 2735, dans le mois qui suit. C’est ce qui fait courir le délai de quinze ans. Une somme non déclarée peut être requalifiée et perdre le bénéfice de l’abattement.

Quelle différence entre un présent d’usage et un don manuel ?

Le présent d’usage est un cadeau lié à un événement (anniversaire, mariage, diplôme), proportionné à vos moyens : il n’est ni déclaré, ni taxé, ni rapporté à la succession. Le don manuel est une somme ou un objet remis sans occasion particulière ou d’un montant significatif : il se déclare et s’impute sur l’abattement. Aucun montant légal ne sépare les deux, c’est la proportion avec votre patrimoine qui compte.

Puis-je donner à mes petits-enfants sans passer par leurs parents ?

Oui. Chaque grand-parent dispose d’un abattement de 31 865 € par petit-enfant, renouvelable tous les quinze ans, auquel s’ajoute le don familial de sommes d’argent de 31 865 € si vous avez moins de 80 ans et si le petit-enfant est majeur. Jusqu’au 31 décembre 2026, l’exonération logement neuf leur est aussi ouverte, dans la limite de 100 000 € par donateur.

Usufruit, nue-propriété : qui paie quoi ?

L’usufruitier garde l’usage du bien et ses revenus ; il assume l’entretien courant, la taxe foncière et les charges d’usage. Le nu-propriétaire est propriétaire « sur le papier » ; les grosses réparations lui reviennent en principe, sauf convention contraire dans l’acte. Au décès de l’usufruitier, il devient plein propriétaire sans droits supplémentaires.

Que se passe-t-il si je donne puis que je décède moins de quinze ans après ?

L’abattement utilisé n’est pas encore reconstitué : il est tenu compte de la donation dans le calcul des droits de succession. Le geste n’est pas perdu pour autant, notamment si la valeur du bien a progressé entre-temps ou si une donation-partage a figé les valeurs.

L’assurance-vie permet-elle vraiment de contourner la réserve héréditaire ?

En principe oui, puisque le capital est versé hors succession. La limite est celle des primes manifestement exagérées au regard de votre patrimoine et de vos revenus, que les héritiers peuvent contester devant le juge.

Portrait de Florent Cavailles
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Relu par Florent Cavailles, conseiller en investissements financiers, cofondateur d'OP! Parents avec Charlène. Il accompagne des familles sur l'épargne, les études et la transmission depuis 2022. ORIAS n° 21008193 · ANACOFI-CIF, association agréée par l'AMF.

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